Ma première expérience d’Arts Plastiques


Photos © Yasü (Août 2015)

Au même titre que Gainsbourg, j’ai toujours considéré que la peinture et les arts plastiques étaient des arts majeurs qui demandent une initiation et ne sont pas à la portée du premier venu. C’est pourquoi j’ai énormément d’admiration pour les artistes peintres, plasticiens, sculpteurs et c’est également pour cette raison que je n’ai jamais osé me frotter à ces disciplines. Ce n’est pas l’envie qui manquait mais clairement une impression que je n’étais pas à la hauteur, que ce monde m’était inaccessible.

Et puis un jour, mon amie Yasmina, elle même artiste portraitiste et plasticienne, me propose de l’accompagner à son atelier et pas seulement pour la regarder travailler mais aussi pour m’initier. Je suis à la fois excité et soucieux mais après tout, je n’ai rien à perdre…si mon oeuvre est ratée et laide, la face du monde n’en sera pas pour autant bouleversée !

Le rendez-vous est pris, je la rejoins. Visite des lieux. Difficile de ne pas être impressionné lorsque l’on pénètre dans cet espace entièrement dédié à la création. Partout où mes yeux se posent, je vois de l’art, je vois de la vie. Un coup de crayon sur un coin de mur en ciment me fait le même effet qu’un tableau exposé dans un musée. Dans un gymnase, les traces et l’odeur de sueur nous rappellent les exploits et les efforts des sportifs qui ont jeté toute leur énergie dans le match pour décrocher la victoire. Ici ce sont les tâches et l’odeur de peinture qui m’évoquent ces individus, face à leur toile, transpirant pour y transposer leur passion et leurs émotions. Je l’imagine, elle, façonnant ses oeuvres, la main guidée par une inspiration cosmique.

Mais le temps de l’imagination est terminé, il faut maintenant passer à l’action. Cà commence par une séance d’étirements (l’analogie avec les sportifs continue). Yasü, ses deux neveux et moi même entamons une série d’exercices dont le but est de nous détendre et de faciliter la connexion entre notre corps et notre esprit. Arrive enfin la mise en pratique à proprement parlé.

Tout d’abord le choix des couleurs. Il faut se limiter à trois, j’opte pour rouge, noir et blanc. Sur un support en carton, elle nous laisse la liberté d’appliquer une première couche. Pinceaux larges, fins, de toutes formes, rouleau…on a le choix des armes ! Les premiers gestes sont hésitants, j’applique un trait, j’observe, j’insiste, dilue, repasse, tamponne. Chaque mouvement se matérialise de manière différente et très vite mon carton est quasiment tout de rouge vêtu. Si on me l’avait montré j’aurais dit « ce n’est qu’un morceau de carton peint en rouge » mais l’ayant peint, j’y vois les différents « motifs » créés par les différentes manières de passer mon pinceau.

Deuxième étape, feuilleter des magazines et journaux afin d’en tirer trois morceaux. Des images, des textes, des logos, ce que l’on veut mais encore une fois, pas plus de trois. Je marque mes pages, j’ai repéré beaucoup d’images intéressantes, je demande si on ne peut vraiment pas dépasser la règle des trois. La réponse de Yas est sans appel « 3 maximum, suivre la consigne ». D’abord un peu frustré par cette rigidité, j’y vois ensuite un réel intérêt car dorénavant je dois vraiment faire les bons choix et pour cela je dois trouver un fil directeur, un élément qui rassemble ces images venues de médias différents pour les intégrer dans une logique d’oeuvre globale.

Troisième étape, ajouter de la matière. Encore une fois, parmi tous les objets à disposition, il faut se limiter à trois pièces. Pour moi ce sera bois, sachet plastique et boudins de plastique gonflés d’air. J’en découpe des formes pour habiller mes images, le tout disposé de manière aléatoire ou logique ? Je ne le sais pas moi même. J’ai l’impression que mes choix ont un sens mais je ne saurais pas les justifier par des mots.

Premier coup d’oeil sur le résultat global, je trouve que çà manque de quelque chose. Je veux des traits (pourquoi ? mystère !). J’attrape un pinceau, puis non j’en veux deux. Je veux deux traits parallèles et pour çà j’ai l’idée de scotcher mes deux pinceaux autour d’un morceau de bois. Avec une règle je trace ici et là, et aussi là…qui donc guide ma main ? Est ce mon subconscient ? Ou une force extérieure ? Je ne sais pas mais j’exécute. L’acte n’est pas raisonné, prémédité. Je ne me dis pas que je vais faire ce trait comme çà plutôt que comme ci, je fais juste le trait.

Je saupoudre de pigments rouges pour voir l’effet que çà peut faire. Et…c’est fini ! Enfin je crois, je ne sais pas. Quoiqu’il en soit, même si ce n’était pas le cas, je dois m’arrêter car l’heure tourne et on a des enfants avec nous qu’il faut ramener à leurs parents. Je regarde mon travail. Je ne suis même pas capable de dire si j’aime ou pas. Je ne trouve pas çà beau, ni moche, je ne sais pas. Est ce parce que c’est la première de ma vie ? Est ce qu’on peint pour aimer ce que l’on peint ?

Pas la peine de me torturer l’esprit, après tout ce n’était qu’une première expérience, je ne peux pas tout comprendre et tout maitriser dès la première séance. On verra par la suite. Yasmina m’invite à renouveler quand l’envie m’en prendra. Je le ferai c’est sûr. Je les dépose à la gare, ils courent, chopent leur train in extremis, je rentre chez moi, je suis épuisé comme si j’avais fait une séance de sport ! Je comprends mieux maintenant les étirements en début de séance !

Un grand Merci à Yasü Art Paris

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