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Boîte aux lettres


Janvier 2015

Nous roulons dans les rues de Saint André. Stéphane (mon frère) et Carole sont à l’avant, moi je suis derrière avec le bidouin. En toute franchise, la ville de Saint André n’est pas la plus jolie ni la plus glam des villes réunionnaises. En revanche je trouve qu’elle regorge de scènes de vie intéressantes à capturer pour peu qu’on y jette un oeil là où, à priori, il n’y a rien à voir.

Qui s’intéresse aux boites aux lettres ? Même moi je ne m’y intéresse pas spécialement mais en les apercevant, celles ci m’ont tout de suite sauté aux yeux. J’ai mon Canon dans le sac à dos mais je n’ose pas demander à ce que l’on s’arrête, de mémoire nous étions déjà en retard. En revanche j’essaie de mémoriser l’endroit pour pouvoir y revenir.

Quelques jours plus tard, l’occasion de retourner en ville se présente. Je retrouve ces boîtes, elles sont parfaites ! Abîmées, un peu crades, à la fois bien alignées mais inégales quant à leur état. Cette forme carré, cette mosaïque d’objets ayant tous pris des allures singulières alors qu’elles furent toutes crées à l’identique et destinées à le rester. Une série d’objets inanimés mais d’une certaine manière « vivants ».

Mise en place, je choisis mon objectif, règle ma lumière, mon cadrage. L’averse qui me faisait peur a cessé et me laisse une plage de répit. Tout est prêt, j’ai l’oeil droit encore vissé dans le viseur quand tout à coup, mon oeil gauche détecte un mouvement. Quelqu’un vient…ils sont 3. Vu leur trajectoire, c’est sûr, ils vont passer dans mon champ, je ne dois pas rater çà, je reste concentré. Les 3 gamins passent, je déclenche, seul l’un d’eux s’est retourné pour me regarder. Je visualise le résultat sur le petit écran LCD, je trouve la photo juste parfaite.

Pour conclure cette histoire, ils sont revenus me voir pour regarder la photo et m’ont même demandé si je pouvais en prendre une autre en mode « posée ».

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2 mois plus tard je repasse devant cet endroit, il y avait un énorme panneau de bois devant les boîtes aux lettres. Quelques mois plus tard je n’aurais pas vu cet endroit. Quelques minutes plus tôt ou plus tard je n’aurais pas eu les gamins dans le cadre. La magie de la photo dans toute sa splendeur, un instant, un clin d’oeil, une porte qui s’entrouvre et se referme dans l’indifférence générale sauf pour celui qui a eu la chance de se trouver au bon endroit, au bon moment.

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